Le sevrage

Le lait maternel est la principale nourriture pour le bébé, lui prodiguant pratiquement tous les nutriments dont il a besoin (mis à part parfois la vitamine K et D). Mais après six mois, plusieurs nutriments peuvent devenir problématiques pour l’enfant exclusivement allaité. La première carence possible est celle en fer. Les bébés naissent avec une bonne réserve en fer transmise par la mère pendant la grossesse. Ils en ont besoin pour soutenir leur croissance rapide. Cependant, le lait maternel étant pauvre en fer, les bébés vont rapidement puiser dans leurs réserves. Pour la plupart d’entre eux, ces réserves seront épuisées vers 6 mois, mais cela peut varier de 3 à 8 mois dépendamment entre autres de la taille, de la vitesse de croissance, du moment où le cordon a été coupé ou encore du moment où le bébé commence à tester d’autres aliments1–4. Les carences en zinc sont aussi à prendre en compte à partir de 6 mois5.

La période entre 6 et 12 mois est reconnue comme étant l’une des plus à risque en terme de carences alimentaires. Par rapport aux calories qu’ils consomment, les bébés entre 6 et 12 mois ont besoin d’environ 9 fois la quantité de fer d’un adulte et 4 fois la quantité de zinc6. Pour le fer, comme pour le zinc, donner des compléments alimentaires à la mère n’est pas suffisant5,7. Même dans des pays développés comme la Suède ou les Etats-Unis, 20 à 40% des bébés de 12 mois seraient en carence de fer et de zinc, notamment les bébés allaités8–10.

En bref, le lait maternel est un aliment incroyable mais il n’est pas suffisant pour les bébés plus âgés. D’autres nutriments peuvent aussi devenir problématique, c’est pourquoi à partir de 6 mois, l’introduction d’aliments solides dans le régime alimentaire du bébé est un sujet important. Dans le cas des bébés nourris au lait artificiel ces problématiques se posent moins. Ces laits sont conçus pour couvrir largement les besoins nutritionnels des bébés, et des carences sont en effet très rares avec les laits artificiels10,11.

Malnutrition ? Quand introduire les premiers aliments solides ?

Plusieurs études randomisées contrôlées (le plus rigoureux type d’étude) ont exploré cette question. Elles demandent généralement à un groupe de mamans d’allaiter exclusivement jusqu’à 6 mois et à un autre groupe de commencer la diversification à 4 mois. Ces études n’ont trouvé aucune différence dans les taux de croissance entre les 2 groupes suggérant que dans les deux cas les bébés reçoivent une quantité de calories et nutriments suffisante pour assurer une croissance normale. Sans parler de carence, une étude rapportait cependant que les bébés de moins de 2.5 kg dans le groupe exclusivement allaité jusqu’à 6 mois avait des taux de fer inférieur à ceux de l’autre groupe12–18.

Une revue de littérature concernant des études observationnelles concluait aussi que l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois semble assurer une quantité suffisante de nutriments mais que des risques de carences reste tout de même possible pour les bébés les plus fragiles. Le même article soulignait que les données étaient insuffisantes pour estimer l’impact d’un allaitement exclusif plus long que 6 mois19.

Infections respiratoires ou intestinales

Dans les pays dits en voie de développement où l’accès à de l’eau potable ou à des moyens de réfrigération est limité, le fait d’allaiter exclusivement jusqu’à 6 mois plutôt que 4 mois diminue significativement les risques d’infections respiratoires ou intestinales par rapport à un allaitement exclusif19,20

Dans les pays dits développés, le calcul risque-bénéfice est sensiblement différent. Sur 12 études, une revue de littérature publiée en 2012 n’en trouvait qu’une seule rapportant une très légère augmentation du risque d’infections intestinales légères (i.e. diarrhée) chez les bébés allaités jusqu’à 3-4 mois comparés à ceux allaités jusqu’à 6 mois21. Cette revue de littérature ainsi que d’autres études réalisées après ne trouvaient aucun effet de la diversification à partir de 4 mois par rapport à 6 mois sur les risques d’hospitalisation, de fièvres ou d’infections respiratoires12,14,19,21,22.

Maladies auto-immunes (cœliaque, diabète, allergie)

La maladie céliaque est une réponse immunitaire au gluten, une protéine présente notamment dans le blé, l’orge et le seigle. Elle provoque une inflammation et des dégâts au niveau de l’intestin. Le diabète de type 1 est causé lui par le système immunitaire attaquant les cellules de pancréas chargées de produire l’insuline qui régule le taux de glucose dans le sang. Dans le cas des allergies alimentaires, le système immunitaire attaque les protéines présentes dans ces aliments comme si c’était des agents pathogènes, ce qui peut donner lieu à des réactions allergiques (asthme, urticaire, gonflement des lèvres ou de la gorge, eczéma, troubles digestifs…).

Lorsqu’un bébé commence à diversifier sa nourriture, son système digestif est envahi par de nouvelles protéines. Si l’introduction est trop précoce, le système immunitaire semble être trop immature pour répondre de manière appropriée. Si l’introduction est trop tardive, le système immunitaire y répondra comme il le ferait pour un agent pathogène. Il semblerait donc qu’il existe une période pendant laquelle le système immunitaire peut se familiariser avec ces nouvelles protéines pour mieux les tolérer.

Ainsi, exposer des bébés au gluten avant 3 mois ou après 6-7 mois semble augmenter les risques de devenir céliaque23–25. De manière similaire, l’exposition aux céréales avant 4 mois ou après 6-7 mois semble augmenter les risques de diabète de type 126–28.

Idem pour les allergies alimentaires, la période optimale semble être entre 4 et 6 mois. Une étude rapporte que les enfants exposés au blé après leurs 6e mois avaient 4 fois plus de chances de développer une allergie29. Une autre étude rapportait que les enfants ayant le moins de risques d’être allergique aux œufs étaient ceux les ayant testés entre 4 et 6 mois. Ceux ayant été exposés aux œufs pour la première fois entre 10 et 12 mois avaient six fois plus de chances d’être allergiques30. Une 3e étude rapportait que les enfants anglais avaient 10 fois plus de chances d’être allergiques aux cacahuètes que les enfants israéliens31.  Les auteurs faisaient l’hypothèse que cela était dû au fait que les aliments à base d'arachides ne sont en général pas donnés aux bébés en Angleterre contrairement aux bébés en Israël. Cette hypothèse a été confirmée par une étude randomisée contrôlée32.

Certaines études ont suggéré que l’allaitement pouvait prévenir le développement de certaines allergies mais les données restent encore très controversées sur ce point. En effet des études n’ont pas trouvé cet effet et d’autres ont rapporté des effets négatifs de l’allaitement33–38. Certaines études suggèrent que ces résultats contradictoires sont dus au fait que les précédents travaux ne prenaient pas toujours en compte l’allaitement pendant la période au cours de laquelle les aliments étaient présentés pour la première fois39 mais cette hypothèse n’a pas encore été testée expérimentalement.

Et le bébé dans tout ça?

En parallèle de ces débats concernant l’âge optimal pour la diversification, il faut garder en mémoire que chaque bébé se développe différemment et qu’il convient donc de rester flexible40.

Pour être prêt à ingurgiter des aliments solides, votre bébé doit pouvoir contrôler l’ouverture et la fermeture de sa bouche sur l’aliment et l’ingurgiter ensuite sans s’étouffer. Il doit aussi être capable de vous faire comprendre d’une manière ou d’une autre le moment où il est prêt pour une autre bouchée et le moment où il a terminé. Il est notamment important qu’il puisse contrôler suffisamment les muscles de son dos, sa nuque et sa tête pour se tenir droit (essayer de manger un yahourt en gardant le menton sur la poitrine ou en tournant la tête sur le côté). C’est le cas en général entre 4 et 6 mois, même s’il peut y avoir une variabilité notamment pour les bébés nés prématurément41,42.

La capacité à mâcher des aliments solides se développe particulièrement entre 6 et 10 mois43. Les bébés qui mangent des aliments nécessitant d’être mâchés reçoivent aussi plus de nutriments que ceux nourris avec des purées, probablement du fait que ces aliments contiennent moins d’eau42. De plus, dans une étude longitudinale des bébés ayant commencé les aliments solides après 10 mois avaient aussi plus de difficulté à manger à 15 mois et à 7 ans44,45.

Références

 

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Date de dernière mise à jour : 08/02/2019