Trop de vaccins, trop tôt?

Les recommandations officielles proposent plus d’une dizaine de vaccins requérant donc plus d’une dizaine de piqures avant deux ans1. Alors, même si les vaccins polyvalents peuvent réduire le nombre de piqures, elles n’en restent pas moins impressionnantes surtout pour les parents. Alors, Le système immunitaire du bébé est-il prêt ?

Le système immunitaire du bébé est-il prêt ?

Il est important de réaliser que, dès la naissance, le nouveau-né est bombardé de bactéries et de virus, et doit déjà être capable de générer une réponse immunitaire efficace. On sait par ailleurs que même lorsqu’il combat une otite ou une diarrhée, le système immunitaire du bébé est capable de répondre de manière efficace à un vaccin comme le ferait celui d’un bébé sain2. De la même manière, un vaccin polyvalent donne lieu à une réponse immunitaire adaptée à chacun des pathogènes qu’il contient, comme si les vaccins avaient été donnés séparément2.

De plus, si le programme de vaccination surchargeait le système immunitaire de l’enfant, on s’attendrait à ce que les bébés vaccinés soient moins capables de répondre à d’autres maladies infectieuses. Or il existe une étude randomisé contrôlé (le plus rigoureux type d’étude) qui a testé cette hypothèse en Allemagne sur 496 bébés. Un groupe recevait cinq vaccins à deux mois et un autre ne les recevait qu’à trois mois. Entre deux et trois mois c’est le groupe non vacciné qui a montré le plus de symptômes de maladie (vomi, toux, nez qui coule, irritation). Clairement, le système immunitaire des bébés vaccinés ne semblait pas surchargé. En fait, ces résultats suggèrent même qu’il a pu être renforcé et plus à même de protéger les bébés d’autres sortes de pathogènes3.

En 2013, une étude a regardé s’il y avait un lien entre le nombre d’antigènes présent dans les vaccins et le risque de développer l’autisme. Aucune relation entre ces deux éléments n’a été trouvé4. Dans une  autre étude, les enfants ayant reçu tous leurs vaccins à temps dans leur 1ere année avaient des scores similaires ou supérieurs à plusieurs tests neuropsychologiques par rapport à d’autres enfant dont les vaccinations avaient été retardées5. Un rapport de 2013 de l’institut de Médecine américain (Une ONG indépendante du gouvernement) qui regroupaient des experts choisis spécifiquement pour leur absence de lien avec l’industrie pharmaceutique et de quelconque conflit d’intérêt n’a trouvé aucun lien entre le suivi du programme de vaccination officielle et l’apparition de maladies auto-immunes, de l’asthme, de l’hypersensibilité, de l’épilepsie, de troubles du développement, de l’apprentissage et de déficit de l’attention6.

Et si on espaçait davantage les vaccinations ?

Certains parents décident de retarder les vaccinations car ils considèrent que l’on donne trop de vaccins trop tôt. Je n’ai rien trouvé qui suggère un quelconque bénéfice à retarder les vaccinations. Même si je n’ai pas trouvé de chiffres, il y a par contre plusieurs risques. Retarder les vaccinations augmente vraisemblablement les chances que votre enfant tombe malade vu qu’il n’est pas vacciné. Si ça arrive, cela augmente aussi les chances qu’il transmette l’infection à un nouveau-né ou à une personne qui pour une raison médicale ne puisse pas se faire vacciner.

Un autre risque concerne les effets secondaires des vaccins. Par exemple, on sait que le vaccin ROR peut causer des convulsions fébriles chez un enfant sur 30007,8. Même si elles ne sont pas dangereuses en soi, ces crises restent inquiétantes pour les parents. Or une étude sur plus de 840 000 enfants a montré que comparés à ceux vaccinés au bon moment (entre 12 et 15 mois), les enfants vaccinés plus tardivement (entre 16 et 23 mois) avaient deux fois plus de chance d‘avoir ces convulsions (donc 2 chances sur 3000)9. Cela peut-être justement dû au fait que le groupe le plus âgé a eu une réponse immunitaire plus importante. En bref, donner le vaccin au moment approprié assure une réponse immunitaire approprié à un âge pour lequel les effets secondaires ont été bien étudiés. Dévier des recommandations officielles peut donc faire courir plus de risques à l’enfant.

Enfin, espacer davantage les vaccins signifie aussi plus de visites chez le pédiatre ou le centre de vaccination et éventuellement plus de piqures si on évite les vaccins polyvalents. Cela signifie donc plus de stress pour votre bébé10 et plus de risques d’être exposé à des enfants malades qui pourraient être contagieux.

Références

1 Service-Public (n.d.) ‘Calendrier des vaccinations’. [online] Available from: https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F724 (Accessed 17 September 2018)

2 Offit, Paul A., Quarles, Jessica, Gerber, Michael A., Hackett, Charles J., et al. (2002) ‘Addressing Parents’ Concerns: Do Multiple Vaccines Overwhelm or Weaken the Infant’s Immune System?’ Pediatrics, 109(1), pp. 124–129.

3 Otto, S., Mahner, B., Kadow, I., Beck, J. F., et al. (2000) ‘General Non-specific Morbidity is Reduced After Vaccination Within the Third Month of Life - the Greifswald Study’. Journal of Infection, 41(2), pp. 172–175.

4 DeStefano, Frank, Price, Cristofer S. and Weintraub, Eric S. (2013) ‘Increasing Exposure to Antibody-Stimulating Proteins and Polysaccharides in Vaccines Is Not Associated with Risk of Autism’. The Journal of Pediatrics, 163(2), pp. 561–567.

5 Smith, Michael J. and Woods, Charles R. (2010) ‘On-time Vaccine Receipt in the First Year Does Not Adversely Affect Neuropsychological Outcomes’. Pediatrics, p. peds.2009-2489.

6 Institute of Medicine (2013) Childhood Immunization Schedule and Safety: Stakeholder Concerns, Scientific Evidence, and Future Studies, Washington, DC, National Academy Press. [online] Available from: http://nationalacademies.org/hmd/Reports/2013/The-Childhood-Immunization-Schedule-and-Safety.aspx (Accessed 7 September 2018)

7 McLean, H. Q., Fiebelkorn, A.P., Temte, J.L. and Wallace, G.S. (2013) ‘Prevention of Measles, Rubella, Congenital Rubella Syndrome, and Mumps, 2013: Summary Recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP)’. Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR), 62, pp. 1–34.

8 Demicheli, Vittorio, Rivetti, Alessandro, Debalini, Maria Grazia and Pietrantonj, Carlo Di (2012) ‘Vaccines for measles, mumps and rubella in children’. Cochrane Database of Systematic Reviews, (2). [online] Available from: https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD004407.pub3/abstract (Accessed 7 September 2018)

9 Rowhani-Rahbar, Ali, Fireman, Bruce, Lewis, Edwin, Nordin, James, et al. (2013) ‘Effect of Age on the Risk of Fever and Seizures Following Immunization With Measles-Containing Vaccines in Children’. JAMA Pediatrics, 167(12), pp. 1111–1117.

10 Ramsay, Douglas S. and Lewis, Michael (1994) ‘Developmental Change in Infant Cortisol and Behavioral Response to Inoculation’. Child Development, 65(5), pp. 1491–1502.

Date de dernière mise à jour : 06/10/2018

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