Lait maternel ou lait artificiel ?

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Un peu d’histoire

Bien avant l’existence du lait artificiel en poudre que l’on connait aujourd’hui, si une mère n’avait pas assez de lait ou encore si elle mourrait à l’accouchement, des alternatives au lait maternel devaient exister. La solution la plus évidente consistait sans doute à demander à une autre femme allaitante, une nourrice, de prendre soin du bébé1–3. Mais une femme allaitante n’étant pas toujours disponible, différents substituts ont vite été expérimentés. Parfois c’étaient les nourrices elles-mêmes qui n’avaient plus assez de lait pour leur propre enfant et devaient recourir à ces substituts4.

On sait que dès la domestication des vaches et des chèvres, leur lait a été utilisé pour nourrir les bébés, parfois en plaçant l’enfant directement au pis de l’animal3. Des récipients servant à récupérer le lait pour nourrir les bébés ont été trouvés qui dataient de plus de 4000 ans avant JC4.

Au 15ème siècle, avec l’apparition de l’imprimerie, des livres commencent à apparaitre proposant des recettes ou des conseils pour préparer son propre substitut au lait maternel. Ces recettes pouvaient inclure du lait de vache ou de chèvre, de la chapelure, de la farine, du bouillon de viande, du miel, des œufs, et parfois même du vin ou de la bière1,4.

Il est très probable que l’on savait déjà à ces époques que ces substituts étaient bien inférieurs au lait maternel et pouvaient rendre certains bébés malades. Au 19e siècle, on pensait même que faire bouillir le lait le rendait moins nutritif. Le lait cru pouvait alors voyager de la ferme à la ville sans être réfrigéré et sans avoir été bouilli. A la fin du 19e siècle, pratiquement tous les bébés des orphelinats de New York qui avaient été élevés au biberon finirent par mourir des suites des diarrhées provoquées par les bactéries présentes dans ces laits, notamment pendant les mois d’été (la chaleur étant propice à la prolifération bactérienne)1.

Les avancées scientifiques qui apparurent pendant cette période améliorèrent grandement la situation. Par exemple, les travaux de Pasteur montrèrent que les bactéries étaient à l’origines des maladies, et qu’elles pouvaient être neutralisées via la pasteurisation du lait. La chloration de l’eau et la mise en place de meilleurs systèmes de traitement des eaux usées donnèrent accès à tous à l’eau potable pour se nourrir mais aussi pour nettoyer les biberons1.

L’étude de la nutrition était aussi en pleine expansion. A la fin du 19e siècle, les scientifiques avaient déjà compris que tous les laits n’étaient pas équivalents. Par exemple, le lait de vache contient plus de protéines mais aussi moins de sucres que le lait humain. Les scientifiques et les pédiatres ont alors commencé à donner leurs recommandations pour améliorer les recettes des substituts au lait maternel. Par exemple, avec les problèmes de scorbut et de rachitisme qui existaient au début du 20e siècle, on conseillait d’ajouter des jus de fruit ou de légumes ainsi que de l’huile de foie de morue pour compenser le manque de vitamines1.

Au fur et à mesure des progrès de la science, les recettes devinrent de plus en plus complexes, et l’industrie de l’alimentation a commencé à exploiter ce nouveau marché. Dès les années 50 les substituts commerciaux commencèrent à gagner en popularité et remplacèrent les recettes maison. L’accès au réfrigérateur et au lait en poudre offrit enfin l’opportunité aux parents de préparer leur substitut au lait maternel directement à domicile et en toute sécurité1. Ces substituts étaient pour la plupart sains et très fiables pour la première fois dans l’histoire de l’humanité.

La plupart des médecins et des parents ont alors rapidement estimé que ces substituts étaient aussi bien, si ce n’est mieux (car plus scientifiques) que le lait maternel. L’accouchement étant aussi de plus en plus médicalisé, les mères étaient souvent séparées de leur bébé à la naissance et n’avait le droit qu’à de brèves visites, rendant l’allaitement difficile à mettre en place. Les femmes se tournèrent de plus en plus vers les médecins. Ceux-ci conseillaient d’allaiter le bébé toutes les quatre heures et si cela ne fonctionnait pas d’utiliser du lait artificiel3,5,6.

D’autres changements sociétaux ont aussi favorisé l’utilisation du lait artificiel. En effet, les mères cherchaient à s’affranchir de leurs corvées en tant que femme au foyer. Pendant la 2nde guerre mondiale tout particulièrement, le lait artificiel a permis aux femmes de prendre part à d’importants travaux, et après la guerre elles n’avaient pas envie d’abandonner ces nouvelles opportunités de carrière3. L’allaitement devint alors optionnel et démodé. Dans les années 70, seul un enfant sur 4 était allaité passée la première semaine2.

Toutefois, à la fin des années 60 les femmes ont commencé à vouloir s’émanciper de l’autorité médicale notamment en ce qui concernait l’accouchement et la parentalité. Un regain d’intérêt pour l’allaitement faisait aussi partie du mouvement3. En parallèle, les scientifiques commençaient à identifier de nombreuses propriétés au lait maternel. Par exemple, même si la quantité de protéine pouvait être la même que dans les laits artificiels, les protéines maternelles semblaient être bien mieux digérées7,8. Or on sait aujourd’hui que le lait maternel étant plus facilement digéré, les bébés allaités ont besoin d’être nourris plus souvent9. Dans une étude, les bébés allaités fréquemment avaient gagnés plus de poids à 15 jours que les bébés nourris toutes les 3-4 heures10. Le lait maternel contient aussi toute une série de protéines liées au système immunitaire ainsi que des facteurs de croissances, des cellules souches, des enzymes digestives, des hormones et des prébiotiques qui peuvent varier en fonction du temps et interagir les unes avec les autres11,12.

S’intéresser à l’histoire a le mérite de rappeler qu’il a depuis toujours fallu trouver des substituts au lait maternel. Aujourd’hui, le fait qu’il existe un débat entre les bienfaits du lait maternel et ceux du lait artificiel représente en soi une avancée majeure, rendue possible par la science. C’est aussi à la science qu’il incombe aujourd’hui de l’examiner. Malheureusement, il est pratiquement impossible de réaliser des études randomisées contrôlées sur ces questions (le plus rigoureux type d’expérience). Les données disponibles se basent donc pratiquement toutes sur des études observationnelles qui mettent en avant des corrélations, en contrôlant statistiquement les facteurs confondants tels que le statut socioéconomique, le niveau d’éducation ou encore les soins prénataux.

Les bienfaits du lait maternel

Le lait maternel contient des protéines qui permettent à la mère de passer son immunité à son bébé, de prévenir certaines infections, de promouvoir la croissance de bonnes bactéries, et de stimuler le système immunitaire13–15. La littérature scientifique est désormais assez consensuelle quant aux bienfaits du lait maternel concernant les maladies gastro-intestinales et les infections des voies respiratoires chez le nouveau-né. L’allaitement permettrait même de prévenir les otites grâce à la forte pression créée par la succion et la déglutition régulière, qui aiderait à garder le tube auditif bien aéré16–19.

Tous ces bienfaits s’avèrent particulièrement importants dans les pays en voie de développement où l’accès aux soins médicaux et à l’eau potable est limité20. Dans les pays développés, les bienfaits de l’allaitement varient d’une étude à l’autre mais montrent en général une réduction de 25 à 75 % des infections16. L’allaitement exclusif prodigue la meilleure protection14,17,21. Ces effets bénéfiques du lait maternel semblent toutefois bornés à la période de l’allaitement et s’atténuent rapidement après le sevrage13–15.

L’allaitement semble aussi diminuer les risques de mort subite du nourrisson. Une méta-analyse concluait qu’allaiter même juste un peu suffisait à diminuer le risque de moitié22. Cela pourrait s’expliquer par la protection offerte par le lait maternel contre les infections, les morts subites du nourrisson étant souvent associées à des infections bactériennes ou virales23. Une autre explication serait que les bébés nourris avec du lait artificiel dorment plus profondément, augmentant ainsi les risques de mort subite24.

L’allaitement diminuerait aussi les risques d’entérocolites nécrosantes (nécrose du colon chez le nouveau-né)16,25 et les risques de leucémie26,27.

Que sait-on sur les effets à long terme ?

Une étude connue sous le nom de PROBIT s’avère particulièrement intéressante28. Dans cette étude 31 maternités en Biélorussie avaient été séparées en deux groupes : celles ayant reçu une intervention faisant la promotion de l’allaitement (dans le cadre d’un programme de l’UNICEF et de l’OMS) et celles n’en ayant pas reçu. Il se trouve que ce programme fut un succès : toutes les femmes l’ayant suivi commencèrent à allaiter et 43 % d’entre elles allaitaient toujours 3 mois plus tard (contre 6% dans le groupe contrôle). Cette étude a impliqué plus de 17 000 bébés qui ont ensuite été suivis pendant plus de 10 ans. Cette étude est très précieuse car elle représente ce qu’on a de plus proche d’une étude randomisée contrôlée, et est donc particulièrement fiable.

En accord avec ce qui avait été rapporté précédemment, elle trouva moins de diarrhée et d’eczéma chez les enfants allaités. En revanche, elle ne nota sur le long terme aucun effet du type de lait sur l’obésité, la pression sanguine, l’asthme, les problèmes de comportements et les caries. D’autres études vont dans le même sens, suggérant fortement que l’allaitement ne fait aucune différence sur le long terme28–35. Cela reste toutefois encore controversé concernant l’obésité, mais si effet il y a, il est probablement minime20.

L’étude PROBIT avait également noté une légère augmentation du quotient intellectuel à six ans chez les enfants allaités. D’autres études ont confirmé cet effet légèrement bénéfique de l’allaitement (environ 4 points de plus sur 100)32,36,37, mais cela n’est pas toujours répliqué29,33. Si l’effet est confirmé, deux explications ont été avancées. La première concerne un certain type d’acide gras (l’acide docosahexaénoïque DHA) très important pour le développement du cerveau et de la vision et qui n’a été rajoutée que récemment dans les laits artificiels38. La deuxième explication suggère que l’allaitement favoriserait davantage de contact entre la mère et le bébé, ce qui entrainerait plus de stimulation sociale et donc un meilleur développement cognitif38.

Concernant la maman, le fait d’allaiter diminue les risques de cancer du sein et de cancer de l’ovaire. Cela réduirait aussi les risques de développer un diabète ou des maladies cardiaques (pas toujours répliqué)20,39,40.

Références

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Date de dernière mise à jour : 30/10/2018

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